Conférences

Au loup !

 Le 7 novembre dernier, la locale Ecolo d’Aywaille a organisé, avec l’aide des locales sœurs environnantes, une conférence-débat dont la vedette n’était autre que … le loup. L’invité pour nous en parler, Jean-Marc Landry, éthologue français qui œuvre auprès des gouvernements et éleveurs pour tenter de faire cohabiter harmonieusement l’Homme et le Loup. Ce scientifique brillant s’est révélé aussi conteur et orateur palpitant.

Au terme de cette rencontre, que retenir de cette soirée ?

Comme une évidence tout d’abord : au vu du nombreux public interpellé par l’initiative de nos amis aqualiens, le loup reste une vedette populaire. Le côté mythique, inquiétant pour certains, de cet animal mystérieux pour beaucoup ne laisse pas indifférent. Son retour annoncé, avec à l’appui des photos ou vidéos attestant de sa présence en nos contrées, a sans doute aussi contribué à attirer la grande foule.

Grâce à du matériel adapté aux prise de vue nocturnes, l’invité nous a fait découvrir des documents exceptionnels. Le loup, isolé ou en meutes, adopte des comportements, des stratégies de chasse jusqu’ici méconnus. Il en est ressorti qu’il n’était pas toujours aussi futé qu’on ne le croyait et qu’il traînait encore bien des rumeurs à son sujet. Contrairement aux idées reçues par exemple, le loup chasse pour lui seul, même quand il est en meute. Pas d’attaque concertée, encore moins de plans sophistiqués ! Grâce à ces observations, les scientifiques ont pu aider les éleveurs d’ovins et caprins, mais aussi de bovins (car le loup s’attaque parfois aux veaux) pour protéger efficacement leurs troupeaux.

Malgré ces mises au point, il n’en reste pas moins vrai – et le débat qui a suivi la conférence l’a bien montré- qu’il fait encore peur et que son retour fait craindre le pire aux éleveurs de chez nous. Pourquoi faudrait-il laisser le loup revenir en nos contrées, menaçant du coup la vie de nos animaux, arguent-ils ? Répondre que le loup était là bien avant l’homme ne persuadera pas les sceptiques ! De toute façon, il se réinstallera, protégé par les législations mises en place. Notre pays se trouve en effet au croisement de routes qu’il emprunte pour reconquérir des territoires. Dès lors, il ne faudra pas s’étonner de le rencontrer dans nos forêts, mais aussi nos villes et villages car « notre » loup appartient à un sous-groupe qui ne craint pas la proximité de l’homme. Que du contraire …

Pour en terminer, un vœu. Que cette soirée ait pu apaiser les peurs et corriger des idées reçues, sans croire pour autant que, au pays des hommes et des loups, la cohabitation sera un long fleuve tranquille.

Jaques Gustin

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